Mardi 9 décembre 2008
2
09
/12
/2008
14:22
-
Par francoise Olivier-Coupeau
Depuis le 28 novembre dernier, la Société Morbihannaise de Fonderie Mécanique est officiellement placée en
redressement judicaire par décision du tribunal de commerce de lyon avec une période d'observation de 6 mois.
La SBFM est une entreprise majeure pour notre bassin d'emploi, un symbole de l'histoire du patrimoine
industriel du pays de Lorient depuis sa création en 1966 en tant que filiale du groupe Renault
Mais avant toute chose, c’est une entreprise riche d’un capital humain de 570 salariés, hommes et femmes dont
l'avenir est aujourd'hui incertain et source d'angoisses dans un contexte de conversion professionnelle difficile.
Qui porte la responsabilité de cette situation ?
L’entreprise qui n'a pas rempli ses engagements
d'investissements
Depuis plusieurs années, en dépit de ses promesses réitérées le
groupe italien ZEN dont dépend la SBFM n'a pas tenu ses engagements d'investissement afin de renouveler des outils de production aujourd'hui dépassés.
Les pouvoirs publics
Confrontée à une hausse des matières premières associée à une baisse générale de l'activité en raison de la
crise, la SBFM se trouve dans une situation financière difficile depuis de nombreux mois. J'avais eu l'occasion d'alerter le gouvernement à ce sujet en juillet en inscrivant au Journal Officiel
une question écrite à laquelle je n'ai toujours pas de réponse. J’ai à nouveau interpellé le Président de la République et la Ministre de l’économie il y a quelques semaines. Face à la montée de
la crise, le gouvernement a soudainement découvert l'urgence, lors de l'annonce de son plan de relance économique, de mener une politique spécifique pour structurer et sécuriser la filière de la
sous-traitance automobile. Il était temps mais ne sera-t-il pas trop tard pour la SBFM ? Je ne l'espère pas.
Les constructeurs automobiles
Il est essentiel que le groupe Renault, principal client (70% de la production) et donc l'Etat, principal
actionnaire, donne un signal fort en s'engageant sur un volume de commande afin de faire passer à la SBFM qui est un de ses grands fournisseurs cette étape difficile de son fonctionnement. Or il
apparaît que le fonds d'investissement sectoriel prévu par le plan du gouvernement et mis en place par les grands acteurs de la filière, en premier lieu Renault et PSA et dont les capitaux seront
majoritairement privés, « sélectionnera des projets d'entreprise solides donc rentables ». Qu'en sera-t-il de la SBFM ? Sera-t-elle sacrifiée par ce plan ? Ce serait inacceptable et
inconcevable.
Tous, élus, syndicalistes, salariés,
responsables de l'entreprise et pouvoir publics devont unir nos efforts pour que devant les administrateurs judiciaires nommés par le tribunal de commerce de Lyon, la direction de la société
présente un plan de continuation le 20 janvier prochain. La SBFM doit poursuivre son activité.
C’est pourquoi j’apporte un soutien
sans réserve au réseau de résistance pour l’emploi de la SBFM.