Culture

Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /2008 16:04
- Par francoise Olivier-Coupeau

La décision du Sénat de supprimer l’inscription de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution ne passe pas auprès de députés PS, parmi lesquels les Finistériens Jean-Jacques Urvoas et Marylise Lebranchu et la Morbihannaise, Françoise Olivier-Coupeau.


« Déplorant le conservatisme exacerbé de leurs collègues parlementaires », ils préviennent qu’ils déposeront, avec deux autres collègues, un amendement pour contrer cette suppression, lors de la deuxième lecture du texte sur la réforme des institutions.

Mercredi, la majorité des sénateurs UMP mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux - dont l’ancien socialiste Michel Charasse - et quelques socialistes, comme Robert Badinter et Jean-Luc Mélenchon, ont adopté par 216 voix contre 103, cet amendement supprimant la référence aux langues régionales, ajoutée au texte, à la quasi-unanimité, par les députés.
L ’ Académie française était montée lundi au créneau, jugeant que cette reconnaissance port ait « atteinte à l ’ identité nationale » .

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Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /2008 16:02
- Par francoise Olivier-Coupeau
Extrait de mon chat dans le journal " Libération" :

Roparzh. A quoi cela va-t-il servir de déclarer les langues comme mobilier national? Seront-elles plus enseignées, plus médiatisées? Il n'y a pas de radio en breton pour toute la Bretagne, (seules des radios locales), pas de télévision en breton, pas de soutien à la création, aux auteurs, à la presse (sauf en français), pas de diffusion de chansons en breton.
Françoise Olivier Coupeau.
Je ne suis pas d'accord avec votre analyse. Il y a TV Breizh, des chansons en bretons, des radios en bretons, par contre c'est loin d'être suffisant. Cette intégration des langues régionales au patrimoine de la France dans la Constitution est un premier pas fondamental, mais qui devra être suivi d'une politique volontariste des pouvoirs publics, y compris dans les moyens mis en oeuvre pour développer l'enseignement, la culture, etc...

Hercules. Quel est le but de l'inscription des langues régionales dans la Constitution? Quelles en seront les manifestations dans la vie quotidienne? Ne craignez-vous pas des conséquences discriminatoires comme en Espagne: un citoyen andalou ne peut aller travailler dans l'administration ou une grande entreprise en Catalogne s'il n'en connaît pas la langue?
Le premier but de l'inscription des langues régionales dans la Constitution, c'est leur protection. Elles sont désormais reconnues comme un élément de notre patrimoine national. Ensuite, il faudra d'autres textes, d'abord la ratification de la charte des langues régionales, qui incite à la mise en place d'un certain nombre de moyens et, d'autre part, une loi au niveau nationale qui définit ces moyens et leurs mises en oeuvre. Je ne crains pas les risques de discrimination, ce n'est ni dans notre culture nationale, ni dans l'intérêt ou les projets des défenseurs des langues régionales.

Sans. Certaines langues de l'UE, comme l'allemand et l'Italien, sont déjà victimes de la dictature de l'anglais. Les langues régionales ne vont-t-elles pas aggraver le phénomène? Et pour servir à quoi sur le marché du travail, alors même que nos jeunes ne peuvent déjà plus postuler pour travailler outre Rhin par exemple car ils ne parlent pas la langue de Goethe?
Au contraire, le bilinguisme Français-Langue régionale, est un formidable vecteur de multilinguisme. Les enfants qui parlent une langue régionale tout petit, apprennent sans aucune difficulté une, voire plusieurs, langues étrangères par la suite. La finalité de la protection des langues régionales n'est pas purement économique, elle va bien au-delà, puisqu'elle est culturelle, et touche à nos racines les plus profondes.

Valery. La France a mis du temps à reconnaître la diversité de son patrimoine linguistique. N'est-il pas trop tard ?
Il n'est jamais trop tard pour bien faire! Vous avez raison, nous avons perdu des langues et beaucoup de locuteurs, mais nous avons gagné des militants des langues régionales, prêts à se battre pour qu'elles survivent et se développent.

Melan. Comment faire accepter aux municipalités que l' étude d'une langue doit commencer dès le primaire, chaque citoyen devant connaître sa langue d'Etat, sa langue régionale, et une langue étrangère, il se pose le problème de la formation des maîtres, qu'en pensez-vous?
Ce n'est pas aux municipalités seules de travailler sur cette question, c'est un problème de l'éducation nationale, qui ne met pas assez d'enseignants dans nos écoles, et qui refuse quasi systématiquement d'ouvrir des classes bilingues Français-Langues régionales. En Bretagne, les écoles Diwan, se sont constituées en associations qui vivent de subventions publiques et privées, ce sont des écoles gratuites pour les enfants. Personnellement, je suis pour leur intégration au service public de l'enseignement, mais je crains que monsieur Darcos ne soit pas d'accord avec moi.

Clelia. En quoi la reconnaissance des langues régionales alimente, pour certains, le "communautarisme" ?
Pour moi il n'y a aucun lien entre langue régionale et communautarisme, au contraire, s'ouvrir sur sa culture, c'est s'ouvrir vers les autres.

Amalcis. les langues régionales incluent-elle celles des collectivités d'outre-mer, la dizaine des langues de Guyane par exemple?
Oui tout à fait. Il y a 75 langues régionales reconnues comme telle, selon la définition de la Charte européenne des langues régionales. Parmi elles les créoles. La charte attache la notion de langue régionale à un territoire, et à une population d'origine française, ce qui élimine les langues de l'immigration. Concernant la Guyane par exemple, n'est pas reconnu comme celle des Mong, l'ethnie asiatique qui est venue s'installer il y a déjà très longtemps en Guyanne.

Bene. C'est très bien de faire vivre les langues régionales, mais j'ai peur que le français disparaisse, au profit de l'anglais, langue internationale et du commerce?
Je crois pour ma part que lutter pour les langues régionales c'est une autre façon de lutter contre l'ominiprésence de l'anglais. Le risque de se faire canibalisé par la langue anglaise existe nous devons lutter fermement contre cela, et tous les moyens sont bons, y compris les langues régionales. Le risque de se faire canibalisé par la langue anglaise existe nous devons lutter fermement contre cela, et tous les moyens sont bons, y compris les langues régionales.

BobodeCaviar. Qu'apportent les "langues régionales" aux valeurs de la République?
Elles participent du patrimoine de la République. Récemment, j'assistais à une messe en l'honneur des fusillés commandos, et des fusillés marins morts au combat. J'ai constaté que ces hommes qui ont donné leur vie, qui risquent encore aujourd'hui leur vie pour les valeurs de la République priaient aussi en breton (ils ont chanté le chant Saint Anne D'Auray). Je me suis dis qu'il y avait vraiment une symbiose entre les valeurs de la République et nos langues régionales.
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Jeudi 22 mai 2008 4 22 /05 /2008 18:05
- Par francoise Olivier-Coupeau

A l’occasion du débat sur la modernisation des Institutions de la Vème république, les députés viennent ce 22 mai d’adopter à la quasi unanimité l’amendement suivant :

 

«  l’article premier de la Constitution est complété par une phrase ainsi rédigée : les langues régionales appartiennent à son patrimoine ».

 

Cet amendement va dans le sens du souhait exprimé par un grand nombre de parlementaires, et notamment par les membres du groupe d’étude sur les langues régionales dont je suis Présidente, d’inscrire dans la Constitution l’existence de langues régionales et leur valeur d’élément du patrimoine de notre Pays.

 

Nous avions largement débattu de cette nécessité lors du débat qui s’est tenu le  7 mai dernier à l’Assemblée. Nous avions alors souligné que tant que les langues régionales n’auraient pas droit de cité dans la Constitution, elles garderaient leur indignité.

 

C’est pourquoi je me réjouis très vivement de cette avancée significative. C’est un premier pas, qui autorisera  juridiquement la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales . Par ailleurs, une politique linguistique volontariste, une dispositif législatif spécifique  et  des moyens devront être mis en œuvre  pour que les 75 langues régionales qui appartiennent enfin officiellement à notre patrimoine national trouvent leur plein épanouissement .

 

Aujourd’hui, c’est une belle victoire pour nos langues régionales, il y en aura d’autres !

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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /2008 12:44
- Par francoise Olivier-Coupeau

Le débat sur les langues régionales qui s'est tenu cet après midi à l'Assemblée nationale a connu une fin peu glorieuse.

 

Alors que les différents orateurs, de tous bords politiques, qui se sont succédé à la tribune ont montré de manière convaincue et convaincante l'impérieuse nécessité de sauver les 75 langues régionales, patrimoine de la France; tous attendaient une annonce positive de la part de la Ministre de la Culture.

 

Las, celle-ci a prononcé un discours pré rédigé, ce qui montre le peu de cas qu'elle a fait du débat. Elle a tenté, sur la base d'arguments juridiques confus et très contestables de justifier la décision du gouvernement de ne pas ratifier la Charte européenne des langues régionales. Elle a ensuite proposé qu'un texte de loi soit soumis aux parlementaires, sans en préciser ni les finalités, ni les contours, et en feignant de ne pas savoir que nombre d'autres textes seraient opposables à cette loi, la rendant inopérante.

 

La France, patrie des Droits de l'Homme, est l'un des derniers pays d'Europe à ne pas avoir ratifié la Charte. Le gouvernement refuse obstinément de faire droit à la diversité, à l'histoire et à l'avenir et n'aboutit ainsi qu'à une uniformisation factice de l'identité française.

 

Affirmer son identité culturelle ne doit pas être considéré comme un refus des valeurs de la République; vouloir parler sa langue ne témoigne pas d'un repli identitaire. Il s'agit, au contraire d'y puiser, pour le compte de tous, une force supplémentaire dans un contexte de mondialisation.

 

Ce sujet transcende les clivages politiques, il aurait pu faire l'objet d'un consensus.

 

 Les milliers de Français qui militent pour que l'interculturel et le plurilinguisme  puissent survivre et se développer seront une nouvelle fois profondément déçus , se sentiront une nouvelle fois humiliés dans leur identité.

Françoise OLIVIER-COUPEAU

Députée du Morbihan

Membre du groupe SRC

Présidente du groupe d'étude sur les langues régionales de l'Assemblée Nationale

 

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Mardi 6 mai 2008 2 06 /05 /2008 20:28
- Par francoise Olivier-Coupeau

 

carte des langues régionales

En tant que présidente du groupe d'études sur les langues régionales, je me réjouis très sincèrement que ce débat ait été organisé par notre assemblée.
 
Il est largement temps, en effet, que la représentation nationale  puisse débattre sereinement de cette question. Nous devons tordre le cou aux idées préconçues afin de vaincre la frilosité de nos institutions et de convaincre le gouvernement qu’il convient de considérer notre revendication comme une source de richesse pour la Nation et non comme un menace pour la République ou la manifestation folklorique d'un combat d'arrière garde.
 


Néanmoins, permettez-moi cependant de déplorer la programmation d’un débat d’une telle importance un 7 mai en fin de journée, à la veille de commémorations nécessitant la présence des parlementaires dans leur circonscription.

 

 

Depuis des dizaines d'années, les organismes internationaux et européens (parlement européen, conseil de l'Europe, conférences sur la sécurité et la coopération en Europe, les Nations Unies, l'Unesco), n'ont cessé de développer une approche patrimoniale, qui valorise la langue et la culture comme un élément du patrimoine de l’humanité à préserver et à développer.
 L’interculturel et le plurilinguisme sont internationalement considérés comme une richesse, comme un trésor qu’il faut faire vivre et progresser. Lire la suite...



Langues régionales
Nos 75 langues régionales sont-elles constitutives de notre patrimoine culturel national?
Oui, sans aucun doute
Oui surtout dans un contexte de globalisation
Non pas vraiment
Faut-il encourager leur pratique?
Oui
Non

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