Mercredi 10 décembre 2008
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Par francoise Olivier-Coupeau
En l'état
actuel, l’interdiction de travailler le dimanche est déjà assortie de nombreuses exceptions, qui répondent largement aux besoins des entreprises, notamment dans l’industrie et le
commerce.
Or, depuis 2002, une pression de plus en plus importante est opérée par un certain nombre de députés de la majorité UMP et certaines grandes enseignes pour démanteler les cadres communs du droit
du travail.
La suppression du principe commun du repos dominical n’est en ce sens qu’une étape nouvelle dans la dérégulation du travail. Nous y sommes farouchement
opposés.
Lors de la précédente
législature, pas moins de quatre propositions de loi ont été déposées pour «assouplir» les règles du repos dominical par l’UMP. Lors de ses annonces pour l’emploi du 28 octobre dernier, Nicolas
Sarkozy a demandé à ce que la proposition de loi du député UMP Richard Maillé soit examinée par le Parlement.
Il est clair que,
pour le Gouvernement, modernisation rime avec déréglementation du droit du travail. L’explication en est simple : selon Luc-Marie Chatel, «Le Gouvernement souhaite modifier la
législation sur le travail du dimanche, qui est ancienne ; elle date en effet de 1906. Elle n'est donc plus adaptée à l'économie d'aujourd'hui.» L’argumentaire du gouvernement se
fonde sur deux points : le besoin de consommation des Français, qui n’auraient plus que le dimanche pour effectuer les gros achats familiaux, ainsi que l’opportunité de salaire supplémentaire
accordée à des salariés manquant de pouvoir d’achat.
Nous devons ainsi constater que, pour revenir sur les
droits acquis tout au long du XXe siècle par les travailleurs, le gouvernement use d’une pensée libérale ancrée, elle, dans les fondement d’une pensée héritée du XVIIIe siècle, époque où l’on
pouvait lire dans l’Encyclopédie que le travail du dimanche devait être regardé comme «une œuvre de charité bien favorable à tant de pauvres
familles».
Une telle évolution heurte les cadres sociaux de la vie en commun. Le Conseil économique et social a ainsi pu
expliquer que «Même si l’évolution des modes de vie et l’interpénétration des temps de travail et des temps de loisirs modifient les rythmes et confèrent une plus grande latitude quant aux
choix individuels des jours de repos, le dimanche conserve un caractère structurant pour le plus grand nombre.»
Surtout, nous
constatons qu’alors qu’il a lancé le chantier de la négociation sociale en expliquant qu’il ne serait plus possible de réformer le droit du travail hors discussions préalables avec les
partenaires sociaux, le gouvernement s’apprête à imposer le travail du dimanche contre l’avis non seulement des syndicats de salariés, mais aussi contre l’avis des représentants du commerce, qui
y sont opposés. Au fond, le seul intérêt visé est celui de la grande distribution.
Comme vous, je suis très attachée au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de
salariés de ce pays. Il en va de la conciliation de la vie professionnelle avec la vie personnelle, familiale, culturelle, militante, et de l’harmonie de l’ensemble de la société.
Laisser entendre, comme le fait la majorité, que l’extension du travail le dimanche peut être une
réponse aux problèmes des Français en matière d’emploi et de pouvoir d’achat, est une escroquerie comparable à celle que constitue le discours des 18 derniers mois sur les heures supplémentaires.
Une nouvelle fois, ce gouvernement, incapable de relancer le pouvoir d’achat, tire prétexte des difficultés des Français pour justifier des régressions sociales majeures.
C’est pourquoi nous
nous opposerons avec force à ce texte lorsqu’il viendra en discussion dans l’hémicycle.
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