Depuis des semaines,les USA font le forcing pour commercialiser en Europe leurs poulets chlorés.Le Conseil
économique transatlantique (co-présidé par A.Hubbard,conseiller économique de Bush et par le commissaire aux entreprises et à l ’industrie Verheugen), chargé de réduire les obstacles commerciaux
entre les USA et l'UE, prépare le terrain en catimini.
Rappelons qu'aujourd'hui,aucune substance de décontamination microbienne de surface pour des aliments d'origine animale n'est autorisée par l'Union Européenne.Cette disposition a été prise suite aux recommandations du comité vétérinaire de l'UE qui prévoit que les contrôles d'hygiène alimentaire doivent être effectués tout au long de la chaîne.
Mais l'impératif sanitaire semble laisser de marbre le très autoritaire Commissaire Verheugen. Ne vient-il pas d'envisager de passer outre l'opinion de l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments,si celle-ci s'avérait mitigée ou négative...Le Commissaire entend bien arriver au prochain sommet entre l ’UE et les USA en juin 2008 avec la question réglée,donnant ainsi «la preuve de la volonté européenne de reconnaître les standards américains »comme l ’a déclaré la présidence slovène. Alertée par ce sujet lors d'une réunion du groupe de travail sur les relations transatlantiques, Anne Ferreira (Députée Européenne) a demandé en décembre 2007,dans le cadre d'une question écrite à la Commission, comment celle-ci justifierait une telle remise en cause de la politique de sécurité sanitaire.
La réponse,très tardive et très laconique,se contente de rappeler la législation européenne en vigueur,et indique que les Etats membres pourront faire part de leurs réserves en cas de modification de ladite législation.
Maigre consolat ion !En matière de sécurité alimentaire,l'Union a toujours été en pointe.En choisissant aujourd'hui l'alignement sur les USA,elle fait marche arrière ...au détriment du consommateur européen.
D ’autres demandes sont actuellement débattues au Parlement européen visant à autoriser la présence de traces de médicaments
vétérinaires interdits dans l'UE dans les viandes et volailles importées.Cette tolérance ne concernerait que les importations des pays tiers, provoquant des distorsions de concurrence et un
affaiblissement des mesures de sécurité alimentaire.Là aussi,il s'agirait d'un mauvais coup porté à la sécurité alimentaire!

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