Lundi 8 septembre 2008
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14:07
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Par francoise Olivier-Coupeau
MON INTERVIEW A PROPOS DE L’AFGHANISTAN AU
JOURNAL
« LE RAPPEL DU MORBIHAN »
Quelles sont les circonstances et conditions de cette mission parlementaire en
Afghanistan ?
Nous sommes partis au sein d’un groupe de 6 députés pour une mission de quatre jours qui
répondait à un double objectif : rendre l’hommage de la représentation nationale à nos soldats présents en Afghanistan et faire un point sur la situation du pays et de l’armée française sur
le terrain, après les événements du 18 août.
Nous sommes allés sur place et avons vécu trois jours avec les militaires, dans la montagne.
Nous avons pu discuter très librement avec eux, poser toutes les questions que nous souhaitions, sans contrainte hiérarchique.
Quel était l’état d’esprit des soldats que vous avez rencontrés ?
Ils nous ont fait part de la manière dont ils ont vécu l’embuscade du 18 août et notamment
comment ils ont accueilli le traitement médiatique qui en a été fait. D’une part, en tant que professionnels, ils se sont sentis humiliés, en particulier quand ils ont entendu parler de mauvaise
préparation, de jeunesse… Et d’autre part, ça a beaucoup effrayé les familles, ce qu’ils n’ont pas accepté. Ils ont donc souhaité nous dire « voilà la réalité et s’il vous plaît ramenez-la
et soyez nos porte-parole »…
Ces événements ont relancé le débat sur l’intervention armée de la France et de l’OTAN
en Afghanistan. Aussi, doit-on maintenir notre présence militaire en Afghanistan et quels peuvent être les moyens politiques de lutte contre les talibans ?
A la première question, pour moi la réponse est oui. Mais sur les bases du mandat que nous avions à l’origine en 2001. Nous sommes partis en Afghanistan pour faire d’une part de la
sécurisation, de la stabilisation et participer au développement du pays. Nous ne sommes en aucun cas partis pour engager l’armée de terre au contact direct des troupes talibanes. Ce n’était pas
du tout l’objectif, pendant des années. Jusqu’à l’arrivée du Président Sarkozy, notre objectif était uniquement de participer à la reconstruction de l’Afghanistan. Et au mois d’avril dernier, le
Président Sarkozy a décidé d’envoyer 700 hommes en complément, à la demande des Américains, et qui pour le coup sont au contact direct et sont allés faire la guerre, il faut le dire très
clairement.
C’est-à-dire que nous sommes passés de missions de reconstruction à des missions de combat, qui sont meurtrières pour les soldats, mais qui surtout ne correspondent pas au mandat qu’avaient nos
armées et qui était basé sur un consensus national.
C’est pour cela que la Gauche a déposé une motion de censure en avril dernier sur cette
décision d’engager 700 hommes supplémentaires.
Et depuis un an maintenant, Jean-Marc Ayrault, au nom du groupe socialiste, demande une mission d’information parlementaire pour à la fois faire le bilan des années passées et à la fois
dégager des perspectives et surtout se recentrer sur les missions que nous avons à remplir.
Mais encore une fois, je pense que nous avons une place en Afghanistan, parce que là-bas, on se
bat d’abord pour les Afghans, contre l’obscurantisme et contre le terrorisme, mais il faut augmenter le financement des aides au développement, notamment pour développer les infrastructures
utiles au pays et à la population (routes, production d’électricité…), et il faut que ce soit cela notre mission, et pas autre chose.
Il faut également rappeler que nous formons 40 000 hommes de l’armée afghane, ce qui est très important… Tout cela nous permet de nourrir l’espoir, mais ce n’est pas pour demain, de rendre
aux Afghans les clés du pays, d’un pays plus sécurisé et surtout développé. Parce qu’on sait bien que c’est sur le terreau de la misère que pousse le terrorisme.
Propos recueillis par Tugdual
Gauter
Le rappel du Morbihan
Je vous invite à participer à la soirée débat consacrée à l'afghanistan.
que j'organise jeudi 18 septembre.
Afghanistan, la présence française en débat
Jeudi 18 septembre à 18h30 Salle A02 Cité Allende
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